25 août 2018

Un grand talent est né…

Le Tour de l’Avenir, conformément à sa tradition, est probablement en train d’offrir au cyclisme international une nouvelle grande révélation. Non seulement le jeune slovène Tadej Pogaçar, 19 ans (il fêtera ses vingt ans le mois prochain), a désormais pris une sérieuse option sur la victoire finale, avant l’ultime étape, certes la plus difficile, ce dimanche entre Val d’Isère et Saint-Colomban-des-Villards. Plus encore, c’est réellement un grand talent dont Tadej Pogaçar fait étalage…
Le Slovène, 3e de la 9e étape à Val d’Isère remportée de haute lutte par l’Espagnol Fernando Barcelo, a fait mieux que conforter son maillot jaune. Il a désormais creusé des écarts conséquents, d’autant que l’Américain Brandon McNulty, jusque-là deuxième du classement général, a perdu toutes chances dans la longue (22 km) montée finale après avoir dû, il est vrai, surmonter le handicap d’une crevaison inopportune. Mais le grand battu est le Colombien Ivan Sosa, qui n’a jamais pu passer à l’offensive, et resté sans réaction lorsque le Maillot jaune est lui-même passé à l’attaque à vingt kilomètres de l’arrivée ! Ivan Sosa, qui doit composer avec des ennuis gastriques depuis quarante-huit heures, est repoussé à 2’16’’ au classement général (10e) et il faudrait désormais un spectaculaire retournement de situation sur l’étape finale pour qu’il allonge la liste des vainqueurs colombiens (quatre sur les huit précédentes éditions) du Tour de l’Avenir.

Audace et panache

Le Maillot jaune Tadej Pogaçar a causé une certaine sensation en anticipant loin de l’arrivée, pratiquement dès le pied de l’ascension finale, sur d’éventuelles attaques colombiennes qui ne sont d’ailleurs jamais venues. Progressivement, le leader de l’épreuve, retombant sur l’élégant luxembourgeois Michel Ries, qui collaborait d’autant mieux qu’il occupe désormais le 2e rang du général (à 1’7’’), parvint à creuser un écart supérieur à la minute sur le peloton principal où figurait Ivan Sosa, dans un mauvais jour. Tadej Pogoçar a fait preuve ainsi d’une audace et d’un tempérament qui témoigne d’un ensemble de qualités impressionnant. Déjà vainqueur du G.P. Priessnitz Spa, autrement dit l’ex-Course de la Paix, le Slovène au style compact ne présente pas vraiment le profil d’un grimpeur mais recèle une puissance qui s’est exprimée sur la longue mais roulante ascension vers Val d’Isère.
Malgré tout, le Maillot jaune fortement appuyé par Michel Ries, n’a pu venir à bout de la résistance de l’Espagnol Fernando Barcelo, passé à l’attaque dès la difficulté précédente et seul en tête sur la majeure partir de la dernière montée où il est resté sur les dix derniers kilomètres dans la ligne de mire de ses deux plus proches poursuivants. Un probant succès d’étape pour le jeune espagnol, 22 ans, champion national du contre la montre et dont le style énergique cache donc un beau panel de qualités.
Le Tour de l’Avenir s’achève ce dimanche par la plus redoutable des quatre étapes alpestres, entre Val d’Isère et Saint-Colomban-des-Villards, sur les pentes du col du Glandon, après avoir franchi l’Iseran (la descente sera neutralisée par respect pour les contraintes environnementales du Parc national de la Vanoise et les écarts au sommet reportés à Bonneval, km 28), mais aussi les spectaculaires lacets de Montvernier et le difficile col de Chaussy. Même si les positions semblent désormais clarifiées au classement général, le plus dur est donc encore à venir.


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