27 août 2017

Sivakov sauve l’honneur

Le franco-russe, dominateur cette saison mais en retrait sur les premières étapes de montagne, ne voulait pas quitter le Tour de l’Avenir sans avoir levé les bras.

Sans doute avait-il dépassé son pic de forme. Pavel Sivakov en convient : il n’a pas évolué sur le Tour de l’Avenir au niveau qui lui a permis de dominer la plupart des grandes épreuves espoirs, comme le « Baby Giro », le Tour du Val d’Aoste ou encore la Ronde de l’Isard toutes remportées cette saison. Mais les deux premières étapes de montagne, décevantes pour un coureur de sa trempe, l’avaient amené à réviser ses objectifs. « Je me suis dit qu’il fallait que je remporte une étape. » C’est fait.

Pour la deuxième journée de suite, il s’est donc lancé dans un baroud d’honneur, mais s’il avait échoué dans sa tentative samedi, il a levé les bras dimanche midi à Albiez – Montrond, au faîte du col du Mollard, terme de l’épreuve.

« Je ne pouvais pas passer complètement à travers mon Tour de l’Avenir, appréciait-il après son succès d’étape construit dès le col de la Madeleine, un « géant du Tour » où il était resté en compagnie de l’Américain Neilsson Powless, l’autre grand battu du Tour de l’Avenir. J’avais envie de rebondir. Dans la Madeleine, j’ai vu que Powless était quand même un peu limite, mais je l’ai gardé avec moi et nous avons bien roulé dans la vallée. Il me fallait une revanche. »

Pavel Sivakov se débarrassait plus tard de son dernier compagnon d’échappée, sans affoler la garde colombienne d’Egan Bernal. Outre la victoire d’étape, le maillot à pois de meilleur grimpeur en prime n’efface pas tous les regrets de ne pas avoir pu se mesurer en direct avec le Colombien Egan Bernal, le seul adversaire de ce calibre qu’il n’avait pas encore croisé cette année. « C’est dommage… J’aurais bien voulu me battre avec lui mais je n’étais pas au niveau. »

Ils se retrouveront dès l’an prochain dans le peloton World Tour qu’ils rejoindront sans plus tarder alors qu’ils n’ont que vingt ans, peut-être sous le maillot de la même équipe (Sky).

Pavel Sivakov, né en Italie mais qui a grandi en France et recevra la double nationalité d’ici peu, ignore encore s’il pourra défendre les couleurs tricolores lors de prochains championnats du monde. « Pour les Jeux olympiques, c’est peut-être plus facile en Russie avec la génération des Bardet, Barguil », remarque t-il. Et s’il a seulement sauvé l’honneur à l’issue de ce Tour de l’Avenir, preuve de caractère, son avenir à lui s’annonce brillant.


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