26 août 2018

Première slovène

La Slovénie a pris rang au palmarès du Tour de l’Avenir, dernière manche de la Coupe des nations UCI des moins de vingt-trois ans, dont elle est également la lauréate. C’est ainsi la 12e nation à remporter ce véritable « Tour de France des jeunes » qui a sans doute révélé cette année encore un grand talent, avec Tadej Pogaçar, 19 ans seulement (il en aura 20 le mois prochain) qui succède donc au Colombien Egan Bernal, grande révélation du dernier Tour de France justement.
Le suspense a néanmoins tenu (presque) jusqu’au bout car Tadej Pogaçar s’est fait une frayeur, dimanche, au cours de la dernière étape réputée la plus difficile, même si elle fut écourtée, du fait de la chaussée glissante au sommet de l’Iseran, ce dimanche matin, ce qui a conduit les organisateurs à neutraliser les 35 premiers kilomètres, les coureurs franchissant à bord de leurs véhicules d’équipes le grand col (2.764 m. d’altitude) pour prendre le départ à Bessans, pour une distance ramenée à 117 km. Le parcours qui comportait encore des difficultés majeures avec les fameux lacets de Montvernier, suivis du col de Chaussy, a d’abord permis au Rwandais Joseph Areruya de livrer un baroud d’honneur (lire par ailleurs), dans une échappée en compagnie du maillot vert Damien Touzé et de l’Allemand Max Kanter, vainqueur de la première étape en Bretagne, avant le final à suspense qui allait prévaloir jusque dans la montée finale vers Saint-Colomban-des-Villards, à mi col du Glandon.
C’est là que Tadej Pogaçar a fait preuve une nouvelle fois d’une grande force de caractère pour sauver définitivement le maillot jaune dont il s’était emparé jeudi à Méribel et qu’il a conforté samedi à Val d’Isère où il n’avait pas hésité à prendre les devants pour se prémunir de toute attaque éventuelle.

Et de deux pour Mäder!

Le Maillot jaune trouva de la ressource pour chasser pendant plusieurs kilomètres après un virage manqué (sans tomber) dans la descente du col de Chaussy, ce qui eut pour effet de lui faire perdre contact avec ses adversaires directs. D’autant qu’au même moment, le Suisse Gino Mäder, déjà vainqueur vendredi à Crest-Voland, montrait de nouveau ses aptitudes de descendeur. Le Suisse, ainsi projeté seul en tête, put même rêver à un retournement de situation de dernière minute, alors qu’il était revenu à une trentaine de secondes du maillot jaune au classement général virtuel !
Mais Tadej Pogaçar, témoigna encore d’énormes qualités mentales et athlétiques en surmontant progressivement son retard. Il parvint à rétablir le contact à peu près au moment où le Suisse était repris à six kilomètres du but. Ce qui n’empêcha pas Gino Mäder, obstiné, d’arracher une deuxième victoire d’étape en réglant de justesse l’Irlandais Dunbar et le jeune français Champoussin, autres révélations de l’épreuve, dans le sprint qui opposait les six membres du groupe de tête.
C’était gagné pour Tadej Pogaçar, vainqueur cette saison du G.P. Priessnitz Spa, nouvelle version de la Course de la Paix. Le champion de Slovénie (route et contre la montre) réalise ainsi un doublé sur les deux plus grandes épreuves par étapes espoirs comme le Français David Gaudu, il y a deux ans. Le potentiel de Tadej Pogaçar, coureur de gabarit moyen mais très énergique, n’a pas échappé aux équipes du World Tour où il débutera dès l’an prochain au sein de l’équipe UAE des Emirats arabes unis.

Parmi les autres révélations de l’épreuve, le Luxembourgeois Michel Ries, 2e du général au matin de la dernière étape, n’a pu tenir ce rang et rétrograde à la 10e place finale. Il cède ainsi la deuxième marche du podium final (notre photo) au Néerlandais Thymen Arensman, alors que le nouveau numéro de Gino Mäder vaut au coureur suisse une méritoire 3e place finale.
Fidèle à sa vocation à laquelle il n’a guère dérogé depuis sa création en 1961, le 55e Tour de l’Avenir, d’une manière générale, a encore fait office de tremplin pour les meilleurs espoirs mondiaux que l’on ne tardera plus beaucoup, pour nombre d’entre eux, à retrouver dans le Tour de France.


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