18 août 2018

L’Union cycliste internationale investit sur l’Avenir…

Le Tour de l’Avenir, on le sait, est un révélateur de talents. L’histoire de l’épreuve, crée en 1961, et son palmarès en témoignent largement. On ne compte plus les champions qui ont fait leurs classes sur le Tour de l’Avenir, avant de briller au plus haut-niveau, et sur le Tour de France en particulier. Le Colombien Egan Bernal, lauréat en 2017, en est le dernier exemple en date puisqu’il fut aux côtés de Geraint Thomas et Christopher Froome la grande révélation du Tour de France qu’il découvrait cette année et dont il était pourtant, à 20 ans seulement, le benjamin.

La vocation de ce véritable Tour de Frances des jeunes reste donc fidèle à ce qu’elle était depuis l’origine lorsque Jacques Marchand, journaliste visionnaire à L’Equipe, a imaginé le Tour de l’Avenir afin qu’il soit le vivier du Grand Tour.

Un moteur dans la mondialisation

L’Union Cycliste Internationale l’a bien compris. Depuis 2007, elle a fait du Tour de l’Avenir, manche finale de sa Coupe des Nations, un événement majeur à l’intention des espoirs du monde entier. L’UCI s’est investie de plus en plus dans cette épreuve qui assure la relève et contribue grandement à la mondialisation du cyclisme. Au service de ses fédérations membres, elle favorise ainsi la présence cette année de vingt-trois sélections nationales, représentant les cinq continents : Amérique (avec les Etats-Unis, la Colombie et l’Equateur), Asie (Japon), Océanie (Australie) mais aussi l’Afrique avec une équipe nationale du Rwanda qui témoigne des progrès rapides du cyclisme sur ce continent. A cela s’ajoute l’équipe mixte du Centre mondial du Cyclisme, un instrument très efficace que l’UCI exploite pour le développement des jeunes coureurs issus des pays émergents. Cette année, l’équipe du Centre mondial du Cyclisme aligne sur le Tour de l’Avenir des coureurs du Maroc, du Panama, de la Croatie, la Hongrie, la Mongolie et de l’Ethiopie, ce qui porte donc à 29 le nombres de nationalités représentées sur l’épreuve !

C’est dire que le Tour de l’Avenir est un point de passage très important pour les fédérations nationales, et même essentiel pour la formation de leurs jeunes coureurs vers le plus haut-niveau.

Une plate-forme de formation aux métiers du cyclisme

Mais ce n’est pas tout. L’Union Cycliste Internationale va plus loin dans cette logique de formation. A cet égard, elle a souhaité que le Tour de l’Avenir devienne une véritable plate-forme de formation pour l’ensemble des métiers du cyclisme. Ainsi, il y des pilotes, des ardoisiers, des speakers, d’autres spécialités encore qui ont l’opportunité de s’aguerrir sur cette épreuve. C’est vrai en particulier au niveau des commissaires internationaux, et l’UCI a mandaté cette année six commissaires qui viennent parfaire leur expérience, venus l’un du Mexique, l’autre de l’Uruguay, un autre du Costa Rica, également d’Argentine, d’Afrique du Sud et d’Egypte(Notre photo, le groupe des commissaires internationaux autour de Jean-François Pescheux, directeur technique auprès de l’UCI et commissaire instructeur venu faire partager sa longue expérience du Tour de France.) A tous les niveaux, par conséquent, le Tour de l’Avenir est mis au service de la mondialisation, une vocation qu’il s’est donnée dès sa première édition qui accueillait par exemple une équipe du Canada, et une autre de l’Uruguay où le cyclisme n’était pas très développé à l’époque.

Le Tour de l’Avenir a d’ailleurs toujours joué un rôle moteur dans cette ouverture vers de nouveaux horizons cyclistes. Dans les années 70 et 80, il a favorisé les échanges avec le bloc de l’Est, puis servi de marche – pied aux Colombiens avec la victoire « historique » d’Alfonso Florez en 1980, prélude à l’arrivée des grands grimpeurs colombiens.

Enfin, c’est une délégation d’organisateurs d’horizons divers qui est invitée sur l’épreuve, afin qu’ils puissent observer en situation réelle le fonctionnement de tous les rouages nécessaires à la bonne marche d’une épreuve internationale de haut-niveau. Ces échanges ont abouti à l’apparition, cette année, d’une manche africaine de la Coupe des Nations, avec le Tour de l’Espoir Blue Line organisé au mois de janvier au Cameroun et remporté d’ailleurs par un coureur africain, le Rwandais Joseph Areruya, présent sur le Tour de l’Avenir et qui a déjà effectué ses débuts professionnels au sein d’une équipe française.

C’est donc tout cet ensemble de démarches encouragées par l’Union Cycliste Internationale qui fait aujourd’hui du Tour de l’Avenir un outil majeur de la promotion du cyclisme au sens large.


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