16 août 2018

Les cinq continents sur le Tour des jeunes

De la Bretagne jusqu’aux Alpes, sur dix étapes dont quatre consacrées à la montagne, ce sont les espoirs (moins de 23 ans) des cinq continents qui sont réunis à l’occasion du Tour de l’Avenir qui s’élance ce vendredi de Grand-Champ, commune proche du Golfe du Morbihan, pour s’achever le dimanche 26 août sur les pentes du col du Glandon, en Savoie.
L’épreuve, toujours fidèle à sa vocation de Tour de France des jeunes, réunit vingt-six formations de six coureurs, quel que soit leur statut – amateurs ou déjà professionnels au sein de formations continentales de deuxième ou troisième division – pourvu qu’ils répondent au critère d’âge de moins de vingt-trois ans dans l’année. Le Tour de l’Avenir, qui sert de support à la manche finale de la Coupe des nations espoirs de l’UCI, se dispute par équipes nationales, auxquelles s’ajoutent des sélections de deux des régions traversées, les Pays-de-Loire et Auvergne-Rhône-Alpes ainsi que l’équipe multinationale du Centre mondial du Cyclisme qui œuvre au développement de coureurs de pays émergents.

Les Colombiens toujours ambitieux

Au cours de son histoire, commencée en 1961, le Tour de l’Avenir a d’ailleurs grandement contribué à la mondialisation du cyclisme, en servant notamment de marche-pied aux Colombiens qui ont été nombreux à se révéler, du premier de cordée Alfonso Florez (1980) jusqu’à son compatriote Egan Bernal, lauréat l’an dernier et grande révélation du récent Tour de France où il fut l’un des meilleurs équipiers de Geraint Thomas et Christopher Froome au sein du Team Sky, alors qu’il était, à vingt ans, le benjamin de l’épreuve !
La Colombie, qui a remporté la moitié des huit dernières éditions et révélé de grosses pointures internationales (Quintana en 2010, Chaves en 2011, Lopez en 2014, et donc Bernal en 2017), revient avec les mêmes ambitions élevées, notamment avec Ivan Sosa, 20 ans, sur la lancée de sa victoire dans le Tour de Burgos au niveau professionnel.
Avec les Colombiens, l’Equateur et les Etats-Unis assurent la représentation du continent américain. L’Australie, mais aussi le Japon complètent la planisphère du Tour de l’Avenir 2018, avec une grande première pour l’équipe du Rwanda, qui n’est pas seulement une attraction, mais présente une équipe compétitive. Le jeune Samuel Mugisha, tout frais vainqueur de son tour national et meilleur grimpeur du très relevé Tour du Val d’Aoste, ou son compatriote Joseph Areruya, déjà professionnel au sein de l’équipe Delko-Marseille, comptent bien témoigner sur les routes du Tour de l’Avenir des progrès spectaculaires du cyclisme africain, en plein essor.

Un tremplin

Comme il se doit, le parcours du Tour de l’Avenir se présente comme un condensé des difficultés que ces meilleurs espoirs du cyclisme mondial doivent se préparer à affronter dans un avenir plus ou moins proche dans le « grand » Tour de France. Les sprinteurs et les puncheurs, mais aussi les attaquants auront de la place pour s’exprimer dans l’étape bretonne (Grand-Champ – Elven) qui lance l’épreuve, ou encore à travers les Pays de Loire ces prochains jours, ou le département de l’Indre qui accueille deux étapes en milieu de parcours. Avant la séquence montagneuse qui comporte quatre arrivées au sommet consécutives, dont une étape « flash » de 35,3 km seulement, qui s’annonce particulièrement spectaculaire, jeudi 23 août entre Moûtiers et Méribel. Mais rien ne sera probablement joué avant l’étape finale, très difficile, avec l’Iseran qui culmine à 2764 m. d’altitude et la montée finale vers Saint-Colomban-des-Villards, sur les pentes du col du Glandon.
Nul doute que le Tour de l’Avenir répond toujours à sa vocation originelle de grand tremplin vers le plus haut niveau. Le palmarès en atteste largement puisque de grands champions comme Felice Gimondi, Joop Zoetemelk, Greg LeMond ou Miguel Indurain ont remporté l’épreuve avant d’en faire autant sur le Tour de France. Sans oublier que les derniers vainqueurs français, les Bretons Warren Barguil (2012) et David Gaudu (2016), ont déjà largement confirmé au plus haut-niveau. Et un certain Julian Alaphilippe, vainqueur de deux étapes et meilleur grimpeur du dernier Tour de France, s’était signalé par une victoire d’étape sur le Tour de l’Avenir 2013. Pour de très nombreux champions, le Tour de l’Avenir aura constitué le meilleur révélateur.


Navigation article