17 août 2017

Le grand tremplin

Immanquablement, de nombreux champions des prochains Tours de France sont à découvrir cet été au sein du peloton du Tour de l’Avenir. Telle est la vocation de cette épreuve, crée en 1961, et continue de constituer à l’intention des espoirs de moins de vingt-trois ans le meilleur tremplin vers le grand monde du professionnalisme en général, et le Tour en particulier.

La palmarès en atteste largement, puisque leurs victoires dans le Tour de l’Avenir ont révélé des champions aussi importants que Felice Gimondi (1964), Joop Zoetemelk (1969), Greg LeMond (1982) ou Miguel Indurain (1986) qui ont par la suite remporté la Grande Boucle, sans oublier les Régis Ovion (1971), Gian-Battista Baronchelli (1973), Pascal Simon (1981), Charly Mottet (1984) entre autres, tous devenus des pointures du cyclisme international. Le Tour de l’Avenir a également joué un rôle majeur dans la mondialisation du cyclisme avec les succès historiques du Soviétique Sergeï Soukhoroutchenkov (1978, 1979) ou du Colombien Alfonso Florez (1980), premier de cordée chez les grimpeurs sud-américains qui l’ont imité à une fréquence accélérée avec Martin Ramirez (1985) et trois victoires colombiennes sur les sept dernières années avec Nairo Quintana (2010), Esteban Chaves (2011) ou Miguel-Angel Lopez (2014).
La dernière édition du Tour de France a de nouveau été particulièrement éloquente quant à la capacité de révélateur du Tour de l’Avenir. A l’image de Warren Barguil, double vainqueur d’étape et maillot à pois de meilleur grimpeur, qui avait suscité des promesses en remportant l’Avenir en 2012. Et comme un clin d’œil, un autre grimpeur breton, David Gaudu, lauréat du Tour de l’Avenir l’an dernier, vient de concrétiser de très prometteurs débuts chez les professionnels en remportant une étape du récent Tour de l’Ain…
De la Bretagne (le Tour de l’Avenir s’élance ce vendredi 18 par une étape en ligne autour de Loudéac) jusqu’aux Alpes (arrivée le dimanche 27 août), le Tour de l’Avenir se présente donc sous la forme d’un condensé de Tour de France à l’intention des espoirs. C’est à peu près tout ce qui se fait mieux dans le monde au sein de la catégorie des moins de vingt-trois ans qui se trouve réuni parmi les 24 équipes engagées, représentant les cinq continents (Etats-Unis et Colombie pour l’Amérique, Australie pour l’Océanie, Maroc pour l’Afrique et Japon pour l’Asie).

Triptyque alpestre

Le difficile triptyque alpestre en guise de final, avec de grands cols comme la Madeleine et trois arrivées en altitude à la clé (Hauteluce-Les Saisies, Sainte-Foy-Tarentaise et le dénouement à Albiez-Montrond, au sommet du redoutable col du Mollard) désigne évidemment les grimpeurs en première ligne des favoris. Parmi eux, plusieurs sont déjà parfaitement référencés en dépit de leur jeune âge. C’est le cas du Colombien Egan Bernal, déjà « pro » en Italie et convoité par l’équipe Sky (c’est à peu près tout dire…), de l’Américain Neilson Powless considéré comme le nouveau grand talent du cyclisme US, ou encore du Russe Pavel Sivakov, lauréat du dernier Tour d’Italie « U 23 ». D’autres, comme l’Australien Lucas Hamilton ou le Belge Bjorg Lambrecht ont également montré leurs qualités dans les épreuves à caractère montagneux.

Mais le Tour de l’Avenir a aussi vocation à révéler des talents dans d’autres compartiments du jeu. La séquence de plaine, de la Bretagne au Centre-France en passant par les pays de Loire et la Touraine, est propice non seulement aux sprinteurs, mais aussi aux puncheurs et aux attaquants dans une course généralement débridée car ouverte à toutes les ambitions. Au fil de ces six premières étapes, il est probable que le Norvégien Kristoffer Halvorsen, déjà vainqueur d’étape l’an dernier peu avant de devenir champion du monde espoirs, trouvera l’occasion de confirmer sa dimension.

Tenante du titre de la Coupe des Nations dont le Tour de l’Avenir constitue la dernière manche, la France aligne quelques-uns des meilleurs de la nouvelle génération, inspirée par le renouveau tricolore incarné par les Bardet, Barguil, Pinot, Démare ou Gaudu. Parmi ceux-là, Valentin Madouas, fils de l’ancien grimpeur breton, ou Victor Lafay, récemment sacré champion de France espoirs, ont l’occasion de franchir un nouveau palier. Et pour la première fois, deux équipes régionales, celles de Bretagne et d’Auvergne-Rhône-Alpes, liées au Grand départ et à l’arrivée de l’épreuve, ont l’occasion de s’étalonner à ce niveau éminemment relevé.

Si, parmi les favoris, à l’étranger comme chez les Français, plusieurs concurrents ont déjà l’assurance de rejoindre très rapidement le peloton professionnel, le Tour de l’Avenir ne manquera pas de révéler les futurs talents et constitue toujours le meilleur examen de passage possible vers le cyclisme d’Elite.


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