19 août 2018

L’audace des Français

L’équipe de France espoirs est peut-être à la recherche d’un grimpeur capable de viser le haut du classement final sur le Tour de l’Avenir. En attendant, les jeunes Tricolores sont récompensés de leur audace et de leur stratégie tournée vers l’offensive. Après Alan Riou, vainqueur samedi à Châteaubriant à la suite d’une longue échappée et toujours maillot jaune, c’est le Normand Damien Touzé qui s’est imposé dans la 3e étape, ce dimanche, entre Le Lude (Sarthe) et Châteaudun (Eure-et-Loir) à l’issue de la plus longue journée (171,2 km) de l’épreuve.
« D’habitude, les Français brillent en montagne, analysait Damien Touzé en référence aux triomphes de Warren Barguil (2012) ou David Gaudu (2016), derniers vainqueurs Français du Tour de l’Avenir. Cette fois, on est équipés pour les premières étapes et on démarre vraiment très bien. »
Avec deux victoires d’étapes en deux jours sur le même mode offensif, et le maillot jaune en prime, l’équipe de France a déjà bien rempli ses objectifs sur la plus importante épreuve de l’année pour les moins de vingt-trois ans.
« La meilleure défense, c’est l’attaque », relevait Damien Touzé, l’un des deux seuls rescapés de l’échappée qui comprenait initialement sept coureurs, et finalement sorti vainqueur de son tête-à-tête ultime avec le champion d’Italie de la catégorie, Edoardo Affini (notre photo). « Il a voulu attaquer la bosse d’entrée, mais je savais qu’une arrivée comme celle- là, c’était parfait pour moi » commentait Damien Touzé, 21 ans, à propos de la courte mais sévère rampe d’arrivée qui se dressait au pied du château majestueux de Châteaudun où il avait résisté in-extremis au retour du peloton.
« C’est un puncheur avant d’être un sprinteur, mais il est capable de de régler un petit groupe et affectionne les arrivées en bosse » détaillait Pierre-Yves Châtelon, le sélectionneur des espoirs français, au sujet de son vainqueur du jour, 22 ans, déjà pro au sein de l’équipe Saint-Michel – Auber 93 et qui sera promu en deuxième division l’an prochain avec Cofidis. Déjà 3e le premier jour à Elven dans une arrivée de ce type, Damien Touzé a pris position au classement par points (2e à deux points de l’Allemand Kanter) qui pourrait devenir un objectif supplémentaire.
Mais il y a pour l’instant le maillot jaune d’Alan Riou à défendre, ce lundi à l’occasion du contre la montre par équipes d’Orléans (20,2 km) où les temps réels seront enregistrés sur le 4e homme de chaque équipe, et les écarts plafonnés à deux minutes, ce qui va rassurer les équipes des pays émergents (Rwanda, Equateur, Japon, en difficulté).
Alan Riou reste sous la menace directe du Danois Klaris et du Norvégien Aalrust, ses deux compagnons d’échappée de samedi, tous deux à une seconde seulement du maillot jaune.
« Cela va être difficile de conserver le maillot, convient Pierre-Yves Châtelon qui redoute particulièrement les rouleurs norvégiens. Mais on a su garder nos cartouches (dans cette 3e étape) pour se réserver en vue du contre la montre. Je n’ai pas vraiment de gros rouleurs, mais je pense en revanche que l’équipe est homogène et Damien (Touzé, encore lui) va donner le tempo. »
L’enjeu en vaut la chandelle car celui qui portera le maillot jaune à l’issue du chrono par équipes pourrait le mener jusqu’aux Alpes, abordées jeudi.


Navigation article