27 août 2017

Egan Bernal hors catégorie

A vingt ans, il est le sixième colombien à remporter le Tour de l’Avenir. En montagne, il était hors concours parmi les meilleurs espoirs mondiaux avant de rejoindre le Team Sky. Encore un peu de patience et il devrait briller sur les Tours de France des années à venir…

C’est … l’avenir qui dira où il faut situer Egan Bernal dans la cordée des grimpeurs colombiens dont il est le énième héritier du légendaire Luis Herrera. « Il ira haut » prédit le manager italien Gianni Savio, venu en visite sur le week-end alpestre du Tour de l’Avenir pour assister au triomphe (2 victoires d’étapes et le classement final) de cette pépite qu’il avait découvert à l’âge de dix-huit ans et qu’il avait lancé (avec modération) chez les pros sans plus tarder au sein de l’équipe Continentale Pro (2e division) Androni l’an dernier.

« Il faut seulement lui donner le temps de finir sa formation physique », prévient-il alors que Egan Bernal, vingt ans seulement, rejoindra le Team Sky dès la saison prochaine comme il l’a confirmé sur le podium final dimanche midi à Albiez-Montrond, au sommet du col du Mollard où il a parfaitement contrôlé la situation. « Quand on a préparé ce Tour de l’Avenir, reprend Gianni Savio, je lui ai dit que dans deux ou trois ans, il serait dans un autre Tour… »
Egan Bernal en a effectivement montré assez pour qu’on lui prédise un bel avenir sur le Tour de France d’ici quelques années. En attendant, il est le sixième colombien à inscrire son nom au palmarès du Tour de l’Avenir, dans la lignée d’Alfonso Florez (1980) et Martin Ramirez (1985), et le quatrième en sept ans à la suite de Nairo Quintana (2010), Esteban Chaves (2011) et Miguel-Angel Lopez (2014), ce qui en dit long sur la densité de la nouvelle génération des grimpeurs sud-américains qui ont déjà remporté le Giro (Quintana en 2014), et la Vuelta (Quintana en 2016 après le pionnier Herrera en 1987) mais pas encore ramené le maillot jaune sur les Champs-Elysées….

« Je suis très fier d’être de ce que j’ai fait ici et d’être leur successeur sur le Tour de l’Avenir » savoure à juste titre Egan Bernal, déjà vainqueur du Tour de Savoie-Mont-Blanc cette année chez les espoirs, mais qui a performé aussi chez les pros (meilleur jeune de la Semaine Coppi/Bartali et du Tour des Alpes, 16e de Tirreno – Adriatico au niveau World Tour) et achèvera sa saison sur les courses italiennes avec peut-être le Tour de Lombardie en toile de fond.

A vrai dire, Egan Bernal était hors-catégorie parmi les meilleurs espoirs mondiaux en montagne, une classe au-dessus de tous ses adversaires d’autant que le Russe Sivakov et l’Américain Powless, considérés comme les autres grands favoris, ont dû se consoler avec un baroud d’honneur dans la dernière étape. Néanmoins, le petit format belge Bjorg Lambrecht, lauréat de Liège-Bastogne-Liège espoirs et dauphin de Bernal sur le Tour de l’Avenir, s’annonce peut-être comme le successeur de Lucien Van Impe au plat pays. Et le filiforme danois Niklas Eg, troisième, ce qui vaut à son pays une victoire dans la Coupe des Nations, est l’une des belles révélations de l’épreuve.

Quant à Egan Bernal, 1,75m. pour 58 kilos environ, il s’annonce comme l’un des grands grimpeurs de demain. « Je suis très heureux de pouvoir rouler auprès de Chris Froome l’an prochain » a-t-il déclaré. Il est probable néanmoins qu’il n’intègrera pas dès l’an prochain la garde rapprochée du Britannique sur le Tour de France, ce qui risquerait de compromettre prématurément une carrière plus que prometteuse (« le maillot des jeunes sur le Giro pourrait être un objectif, annonce-t-il prudemment), mais l’avenir lui appartient.


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