18 août 2017

Déjà du mouvement !

Les attaquants n’ont pas été payés en retour de leurs efforts, à l’image des Français Valentin Madouas ou Franck Bonnamour, activateurs de la très sérieuse échappée qui a émaillé la première étape autour de Loudéac, sur leurs routes bretonnes, et repris tour à tour in-extremis. Seul le Danois Kasper Asgreen, 22 ans, a finalement trouvé une juste récompense, en se débarrassant de ses derniers compagnons d’échappée sur le circuit final, pour résister au retour du peloton réglé par le Norvégien Halvorsen, le champion du monde espoirs. « J’ai vu que le peloton était revenu très près et j’ai mis plein gaz à deux kilomètres de l’arrivée et jusqu’à la ligne… » commentait le Danois, vainqueur légèrement détaché qui restait donc seul bénéficiaire de la grande échappée du jour. Ce qui lui valait en prime la satisfaction de recevoir le prix du plus combatif des mains de David Gaudu, le grimpeur breton vainqueur du Tour de l’Avenir l’an dernier, venu en visite sur l’épreuve qui l’a révélé…

C’est donc en finisseur que Kasper Asgreen, spécialiste du contre la montre dont il a remporté le titre européen de la catégorie « U23 » récemment à Herning, dans son propre pays, est devenu le premier leader du Tour de l’Avenir. Mais le classement général aurait pu très bien prendre déjà tournure sur cette course de mouvement qui avait projeté onze coureurs en tête dès la première côte du parcours, après 25 km de course. Parmi eux, deux des grands favoris pour la victoire finale, le Russe Pavel Sivakov, lauréat du récent du Tour d’Italie espoirs, et le grimpeur colombien Egan Bernal. Avec une avance qui a dépassé les quatre minutes après une soixantaine de kilomètres de course, cette échappée pouvait compromettre d’entrée les chances de plusieurs candidats sérieux, comme l’Américain Powless ou le Belge Lambrecht qui ont donc failli se laisser piéger bien avant d’aborder la montagne. Ils étaient sauvés par la réaction des équipes de sprinteurs qui ont donc échoué à ramener le peloton, mais réduit l’écart à des proportions dérisoires.

Un coup pour rien, donc, pour Sivakov et Bernal qui auraient pu s’assurer une option sur le classement final. Mais ce dénouement provoquait aussi la déception des deux Bretons de l’équipe de France qui visaient quant à eux la victoire d’étape, notamment Franck Bonnamour qui évoluait quasiment à domicile : « Je ne peux pas dire que je connaissais les routes par cœur mais plusieurs classiques bretonnes passent dans le coin, comme Manche-Atlantique. Je visais l’étape et j’ai essayé d’anticiper » rapportait-il alors qu’il était absorbé par le peloton dans les derniers hectomètres. Quant à Valentin Madouas, il se consolait à peine avec le maillot de meilleur grimpeur : « L’échappée est partie sur le premier grimpeur (la côte de Ménéac qu’il a franchi en tête). On a creusé rapidement. Même si le peloton se rapprochait dans le final, je pensais quand même que ça ne devait pas revenir… Je suis un peu déçu, parce que c’était une étape à notre portée pour Franck (Bonnamour) ou moi qui avions décidé d’attaquer chacun à notre tour. »

Les deux Français remettront donc cette ambition à plus tard alors que la deuxième étape bretonne, ce samedi dans le Morbihan, présente un profil un peu moins vallonné entre Inzinzac-Lochrist, le village de Warren Barguil, meilleur grimpeur du dernier Tour de France et lauréat du Tour de l’Avenir en 2012, et Bignan où il y aura de nouveau trois tours d’un circuit final (11,6 km) à couvrir et où les sprinteurs voudront leur revanche.


Navigation article