23 août 2017

Colombien atypique !

Le rapide Alvaro Hodeg tournait autour de la victoire depuis le départ en Bretagne. Il l’a obtenue au sprint en conclusion des six étapes de plaine. Et maintenant, place à la montagne…

C’est désormais aux grimpeurs de jouer. Mais pour leur part, les Colombiens n’ont pas attendu le week-end final dans les Alpes pour entrer en scène. Alvaro Hodeg, le sprinteur de l’équipe sud-américaine, tournait avec insistance autour du succès : 2e samedi dernier à Bignan (derrière le Néerlandais Jakobsen), 2e encore le lendemain à Châteaubriant (derrière le Norvégien Halvorsen, champion du monde espoirs) et au plus mal toujours dans le « top 10 » depuis le départ de Loudéac. Cette régularité a trouvé une juste récompense. Le jeune sprinteur colombien, 21 ans le mois prochain, a tapé dans le mille au centre de la France, en remportant le sprint massif à Saint-Amand – Montrond où Cavendish avait emporté l’une des victoires les plus marquantes de sa collection dans le Tour de France 2013.

Pas de « bordures » cette fois-ci, mais c’est in-extremis que le peloton a avalé les deux attaquants du jour, l’Italien Romano et l’Irlandais O’Loughlin, partis dès le départ et qui comptaient encore vingt-cinq secondes d’espoir au seuil des deux derniers kilomètres. Ils ont même lancé leur sprint pour la victoire mais la dernière ligne droite leur était fatale, et c’est à guère plus de cent mètres de la ligne qu’ils étaient engloutis par le paquet où les sprinteurs saisissaient donc leur ultime occasion.

Alvaro Hodeg est un Colombien atypique. Teint pâle, gabarit puissant, il démontre à son tour qu’il n’y a pas que des grimpeurs en Colombie et d’ailleurs, il pourrait rejoindre très vite son compatriote Fernando Gaviria, vainqueur de Paris – Tours 2016, dans l’équipe Quick Step où il est actuellement stagiaire. Un talent à l’état pur, c’est sûr, comme l’indique le recruteur de l’équipe World Tour, Javier Matxin, présent sur le Tour de l’Avenir comme sur l’ensemble des grandes épreuves espoirs : « Il a zéro expérience, relève t-il. La première fois qu’il a couru en dehors de la Colombie, c’était l’an dernier au Mondial de Doha (12e) et il s’est fait serrer dans les barrières par Mareczko (l’Italien qui arrachait la médaille de bronze). Il est différent de Gaviria qui a davantage l’instinct, mais Hodeg est plus puissant. » Comme son aîné, il a une formation de pistard et a collectionné plusieurs médailles dans les épreuves de sprint des championnats de Colombie. Et tous deux pourraient faire bientôt partie du premier cercle des grands sprinteurs mondiaux dans l’équipe belge où Gaviria obtient le statut de numéro un avec le départ de Marcel Kittel (pour Katusha).

La dernière des six étapes de plaine n’a pas apporté de changement au classement général, et l’Autrichien Patrick Gamper demeure un maillot jaune sans doute trop limité en montagne pour se bercer d’illusions. Autrement dit, tout reste à faire entre les grands favoris du départ que sont le Russe Pavel Sivakov, le Colombien Egan Bernal, l’Américain Neilsson Powless, le Belge Bjorg Lambrecht ou encore l’Australien Lucas Hamilton.

La caravane a pris la route ce mercredi en milieu d’après-midi pour un transfert en direction des Alpes où elle goûte ce jeudi une journée de repos autour de Saint-Gervais – Mont-Blanc. Après quoi, le plus dur est à venir…


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