25 août 2017

Bernal au-dessus du lot

Le grimpeur colombien a fait le « break » dès la première arrivée en altitude dans la station d’Hauteluce – Les Saisies. Il semble très supérieur à ses adversaires.

Les Colombiens attendent toujours celui qui signera la première victoire « historique » dans le Tour de France même s’ils possèdent déjà une génération très brillante. En attendant, Egan Bernal, vingt ans seulement, a déjà pris une sérieuse option pour devenir dimanche le sixième grimpeur sud-américain à remporter le Tour de l’Avenir après Alfonso Florez (1980), Martin Ramirez (1985) et plus récemment Nairo Quintana (2010), Esteban Chaves (2011) et Miguel-Angel Lopez (2014).

Egan Bernal s’est tout simplement hissé très au-dessus du lot lors de la première arrivée en altitude, à Hauteluce – Les Saisies (15,6 km d’ascension à 5,7% de moyenne) à l’issue d’une étape entièrement sous contrôle de sa sélection nationale. Le Colombien au visage en forme de lame de couteau a fait le « break » à une dizaine de kilomètres du sommet, pour déborder tour à tour les échappés du départ, dont l’Allemand Schinnagel, le dernier à résister, et l’Autrichien Patrick Gamper, maillot jaune depuis Amboise et qui avait décidé de tomber avec les honneurs, quand bien même il acheva l’étape dans un « gruppetto » à un quart d’heure.

Il y avait également une bonne vingtaine de minutes que Bernal avait triomphé lorsque son compatriote Alvaro Hodeg, le sprinteur de l’équipe sud-américaine, vainqueur mercredi à Saint-Amand – Montrond, franchit la ligne à son tour et s’approcha du podium pour enlacer son leader, comme pour faire le trait d’union entre les deux succès colombiens de nature diamétralement opposée. En ce qui concerne les grimpeurs, Bernal les a tous surclassés, avec une minute toute ronde d’avance sur son plus proche poursuivant, le Britannique James Knox, et un peu plus sur un petit groupe au sein duquel figurait le petit format belge Bjorg Lambrecht et l’Australien Lucas Hamilton, mais pas un autre favori, l’Américain Neilsson Powless en retrait (à 2’5’’) et encore moins le Russe Pavel Sivakov, lauréat du Giro espoirs, attardé à plus de six minutes.

Considéré comme le grand favori de l’épreuve, sur la foi de ses récents succès au Tour de Savoie – Mont-Blanc et du Tour de Roumanie, mais aussi de ses performances à l’échelon « pro » (meilleur jeune du Tour des Alpes et de la Semaine Coppi – Bartali, 16e de Tirreno – Adriatico), Bernal a donc pleinement justifié son statut. « Cette course est la plus importante au monde pour les espoirs, c’est donc ma plus belle victoire » a-t-il apprécié.

Issu du VTT, mais repéré très vite par le manager italien Gianni Savio venu ce week-end en visite sur l’épreuve, Egan Bernal avait signé comme professionnel pour l’équipe Androni dès l’âge de dix-huit ans, et pour quatre ans. Il lui reste donc deux ans de contrat mais cette nouvelle pépite n’a pas échappé aux convoitises des équipes World Tour. « Il partira, admet son manager Gianni Savio. C’est normal qu’il aille dans une grande équipe. » Même si cela n’a pas encore été officialisé, cela devrait être la Sky qui reversera alors une prime de valorisation à l’équipe italienne qui évolue en deuxième division.

Sa supériorité manifeste semble établie, et la cohésion de son équipe rend désormais la tâche de ses adversaires très délicate, alors que l’étape « reine » est pour ce samedi entre Albertville et Sainte-Foy – Tarentaise (120,5 km) avec une nouvelle arrivée en montée précédée du Cormet de Roselend et de l’ascension des Arcs et que les deux dernières étapes seront télévisées en direct dans son pays (comme sur Eurosport et France 3 Auvergne – Rhône-Alpes et Bretagne).

Quant aux espoirs français, jusque-là assez discrets à l’exception de la première étape autour de Loudéac, ils ont été assez largement dépassés pour cette entame de la montagne. Le champion de France espoirs, Victor Lafay, a logiquement été le meilleur d’entre eux (15e) aux Saisies où seul Aurélien Paret – Peintre et le régional d’Auvergne – Rhône-Alpes Aurélien Doleatto l’ont accompagné dans le « top 20 ».


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