18 août 2018

Coup double pour Riou

La victoire d’étape et le maillot jaune ! C’est plus que Alan Riou, le Breton de l’équipe de France, n’osait espérer. « C’est énorme ! appréciait le nouveau leader du Tour de l’Avenir, vainqueur ce samedi de la 2e étape à Chateaubriant. Une étape, oui, je pouvais y penser, mais le maillot jaune dans la plus grande course de l’année pour les espoirs, je n’y aurai jamais cru au départ… »

Alan Riou, 21 ans, a réussi une très bonne opération dans l’échappée de près de cent kilomètres, longue à se dessiner, mais vouée au succès dès lors que les trois attaquants (le Français était accompagné du Danois Magnus Klaris et du Norvégien Hâkon Aalrust) avaient conservé près de six minutes d’avance (sur les sept qu’ils avaient compté au maximum) à l’entrée des quatre tours (6 km) du circuit final dans Chateaubriant. Pour le peloton, il était déjà trop tard, même si l’Italien Alberto Dainese qui réglait le peloton pour la 4e place leva les bras, croyant sans doute qu’il n’y avait personne devant (l’épreuve se déroule sans les oreillettes)…

Pour la victoire d’étape, Alan Riou se sentait en confiance face à ses deux compagnons d’échappée. « C’était une arrivée parfaite pour moi, trouvait-il au sujet de ce faux-plat prononcé de 600 mètres. Les deux autres ont voulu jouer l’étape au sprint mais ça m’arrangeait. Ils m’ont laissé mener à 300 mètres mais ça ne m’a pas fait peur. J’ai tout donné à partir des deux cent derniers mètres et tant que je n’ai pas vu la ligne sous ma roue, j’ai appuyé. »

Alan Riou qui a signé à l’occasion sa dixième victoire de la saison concédait bien sûr que celle-ci était « la plus belle de ma carrière. »

Le contrat est rempli, savourait Pierre-Yves Châtelon, l’entraîneur des espoirs tricolores. Mais l’équipe de France est bien décidée à faire durer le plaisir, tout en essayant de favoriser son sprinteur Damien Touzé pour les prochaines étapes.

Nouveau leader du Tour de l’Avenir, Alan Riou ne se fait pour autant aucune illusion quant à ses chances de remporter l’épreuve à la suite d’un Warren Barguil (2012) ou David Gaudu (2016), derniers lauréats français et Bretons comme lui. « Je ne suis pas un grimpeur et je sais très bien que dès la première étape de montagne (jeudi prochain), ce sera trop difficile de le garder… » admet-il à propos de ce maillot jaune que l’équipe de France est tout de même prête à défendre. « On va mettre en place une stratégie, mais on va déjà profiter du moment au maximum » confiait Alan Riou, qui couronne ainsi sa carrière amateur puisqu’il est déjà assuré de débuter avec les professionnels la saison prochaine au sein de l’équipe Fortunéo – Samsic.

La troisième étape, ce dimanche, ne devrait pas être trop difficile à contrôler, d’autant que les sprinteurs voudront une revanche à Châteaudun, où les attend néanmoins une rampe de 400 mètres assez difficile pour l’arrivée. Avant le contre la montre par équipes, lundi à Orléans, où les compagnons d’échappée du Français pourront compter en la matière sur le potentiel de l’équipe du Danemark et de la Norvège.

Les trois maillots distinctifs sur le podium à Châteaubriant
Le peloton qui entre dans la zone de ravitaillement

Navigation article